Rapport psychométrique

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L'étape finale du processus d'évaluation est la rédaction d'un rapport psychométrique (bilan). Ce rapport n'est pas un simple relevé des résultats des tests qui ont été passés, c'est un composé cohérent de toutes les données relatives à l'évaluation. Les principes de base du rapport psychométrique ont été largement discutés dans la littérature et plusieurs auteurs proposent d'organiser le contenu d'un rapport psychométrique suivant un schéma (Wolber et Came, 2002) en 8 points :

1.        Les données personnelles (nom et prénom, date de naissance, date de l'évaluation);

2.        Mandat (raison de l'évaluation);

3.        Méthodes et instruments d'évaluation (entrevue, tests, étude de dossiers);

4.        Présentation de la personne (statut social, relations familiales, scolarité, histoire du développement, situation actuelle, éléments les plus significatifs de la vie, portrait clinique);

5.        Observations et conditions de passation (comportements et attitudes lors de l'entrevue, coopération, motivation, motricité, empathie);

6.        Résultats, impressions sur le plan clinique et interprétation (inférences basées sur des variables significatives des tests et sur les observations compte tenu de l'objectif de l'évaluation; discussion sur les résultats par thèmes);

7.        Éléments de diagnostic (appartenance à une catégorie psychologique ou clinique);

8.        Résumé et recommandations (conseils reliés au but de l'évaluation).

De façon générale le rapport doit éviter de faire des commentaires sur ce qui est moyen ou « normal » pour mettre l'accent sur ce qui concerne spécifiquement une personne dans son environnement particulier. Les rapports doivent tenter de répondre à des questions spécifiques posées par la personne évaluée (ou par celle qui l'a adressée). Ce rapport évite donc tout ce qui ne concerne pas ces questions. Le rapport doit être rédigé en fonction des besoins et des connaissances des personnes auxquelles il est destiné (tout en respectant les principes du code de déontologie). La responsabilité des conclusions présentées dans un rapport relève du psychologue.

Afin de vérifier la qualité d'un rapport d'évaluation psychométrique, Tallent (1993) propose une série de questions que l'on devrait se poser suite à la rédaction d'un rapport :

Enfin, 87 principes à respecter pour une utilisation compétente des tests ont été posés par. Eyde et al. (1993, p. 213-215). Les principaux principes sont repris dans le tableau ci-dessous (extrait de Bernier, J.J, Peitrulewicz, B., 1998). Il existe aussi de nombreux textes (chartes, guidelines, etc.) reprenant ces principes. Un psychologue devrait suivre systématiquement l'évolution des textes de référence édités par la commission internationale des tests : https://www.intestcom.org/files/guideline_test_use.pdf


TABLEAU : Extrait de 87 principes pour une utilisation compétente des tests (Bernier, Peitrulewicz, 1997)

11.        Empêcher les personnes qui passent les tests de consulter ceux-ci avant la passation.

12.        Conserver en lieu sûr les clefs de correction et le matériel des tests.

13.        Ne pas modifier la procédure de passation prévue afin de l'adapter à des individus en particulier (c'est-à-dire lire les items du test à une personne, définir des termes spécifiques à l'intérieur d'un item ou encourager un individu à reconsidérer une réponse).

14.        Évaluer les tests et détecter le matériel de promotion trompeur (Connaître les tests et leurs limites).

15.        Veiller à ce que la passation des tests soit assurée par un personnel qualifié.

16.        Choisir pour l'examen un endroit permettant l'optimisation du rendement du sujet (par exemple, un bureau).

18.        Prendre conscience que les scores à un test représentent seulement un point dans le temps. Ils sont sujets à changer avec l'expérience.

20.        Considérer les erreurs de mesure dans les résultats d'un test.

22.        Être conscient de la nécessité d'avoir plusieurs sources de données convergentes.

25.        Comprendre les normes et leurs limites.

26.        Reconnaître que le contenu du test est limité.

27.        Reconnaître les répercussions de la validité d'un test.

28.        Garder le contact avec son domaine d'activité et vérifier ses propres interprétations avec des confrères.

29.        Appliquer les principes de la théorie des tests et les principes d'interprétation des épreuves.

30.        Résister aux pressions du milieu visant à trop écourter la planification, le diagnostic et les processus d'interprétation des tests

32.        Considérer l'erreur standard de mesure.

33.        Prendre en considération des conditions éveillant des doutes sur la validité de l'information à propos d'une situation particulière.

34.        Voir si la raison pour faire passer un test correspond au but dans lequel le test a été créé.

41.        Comprendre les scores standards et les rangs centiles.

42.        Comprendre la validité de construit.

43.        Comprendre la relation entre validité et fidélité.

45.        Choisir un nombre suffisant de tests pour échantillonner les comportements, et ce afin d'en arriver à un objectif spécifique (comme l'évaluation neuropsychologique).

48.        S'abstenir d'utiliser la version de recherche d'un test qui n'a pas de normes pour un groupe ou une personne qui ne parle pas français afin de prendre des décisions.

54.        En s'appuyant sur une information valide, prendre en considération les éléments d'un test qui peuvent défavoriser certains groupes.

55.        Éviter les erreurs au cours de l'évaluation et de l'enregistrement.

56.        Vérifier les scores avec précision.

57.        Faire de fréquentes vérifications durant l'évaluation afin de découvrir les erreurs.

58.        Suivre les instructions concernant l'évaluation.

59.        Partir de l'idée qu'une norme pour un travail ne s'applique pas à un travail différent (et que les normes pour un groupe ne s'appliquent pas automatiquement à d'autres groupes).

67.        Choisir des tests appropriés à la fois à l'objectif de la mesure et aux personnes qui passent le test.

68.        Choisir des tests qui sont le plus possible exempts de discrimination sociale par rapport à l'échantillon standardisé et à la population qui passe le test

78.        Se référer au test comme base de l'interprétation uniquement lorsqu'on a fait passer et corriger celui-ci dans le respect des règles et lorsque l'interprétation a été bien validée.

79.        Éviter de se référer à un test comme base d'interprétation, même quand il est utilisé par un bon clinicien, sans tenir compte de la validité de l'interprétation, mais s'y référer seulement dans un cycle de formation et de vérification d'une hypothèse pour une entrevue clinique et une étude de cas.

80.        Utiliser un test dans un cycle d'élaboration et de vérification d'une hypothèse dans le respect d'une bonne validité de l'interprétation.

87.        S'abstenir de rapporter les scores sans faire une interprétation adéquate.