QI standard

QI standard

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David WECHSLER va proposer d'abandonner le QIc et la notion d'âge mental pour construire un test d'efficience intellectuelle. Ce nouveau QI sera obtenu à partir d'épreuves variées verbales ou non verbales (inspirées de l'alpha test et du beta test destinés aux jeunes recrues américaines). Le score sur chacune des épreuves (sous-tests) est transformé en score standard (échelle normalisée en 19 classes). Ces scores sont additionnés et le total est transformé en QI standard (QIs).

La transformation effectuée fait que la distribution reste normale, la moyenne du QIs est de 100 et l'écart-type de 15. Par ailleurs 50% des sujets ont entre 90 et 110 (quartile de la distribution des QI). Cette distribution est la même quel que soit le groupe d'âge. Le QIs peut donc être considéré comme un étalonnage particulier.

Attention : Le QIs devient donc l'indicateur d'un rang et non plus indicateur d'un niveau de développement. Il n'est plus un quotient même s'il en garde le nom !

Avantage et inconvénient :

(+) Rend comparable les QIs de tous les âges, puisque le QIs positionne une personne par rapport à ses pairs du même age. La distribution des QI est normale et la moyenne des QIs est toujours de 100 et l'écart-type de 15. Un QIs de 110 (un écart-probable au-dessus de la moyenne) signifie à tous les âges que 25% des personnes du même âge ont mieux réussi sur les tâches proposées. 68% des QIs se trouvent entre 85 et 115 et près de 95% entre 70 et 130.

(-) Le QI standard ne renseigne plus sur le retard ou l'avance de développement et n'est plus un quotient (le nom est totalement impropre).

Figure C.2 : Distribution des QI et fréquences entre différentes bornes.


Remarques :

Attention aux confusions : avec David Wechsler, on a fixé a priori la moyenne du QI standard à 100 et l'écart-type à 15 lors de l'étalonnage des tests. Il existe cependant des tests postérieurs à ceux de Wechsler qui ont, pour le QI, un écart-type différent (16 ou 24). Par exemple le Culture Fair Intelligence Test (CFIT) composés de 5 sortes d'items non verbaux a un écart-type de 24 et non de 15 (on devrait utiliser le terme QI Cattell quand on en parle). Pour le Standford-Binet l'écart-type est de 16 (la différence est faible mais ce n'est plus un QI standard). Donc la signification d'un QI dépend de la nature de l'échelle utilisée ! Il faut donc toujours préciser le type de QI utilisé (QI classique, QI standard, QI Cattell, etc.).

Il existe des tables d'équivalence entre les QI des échelles de Wechsler (QI standard) et celle du CFIT (QI Cattell). Cette conversion est cependant facile à faire soi même avec une simple calculette ! On divise le (score - 100) par l'écart-type de l'échelle initiale et on multiplie par l'écart-type de la nouvelle échelle. La valeur obtenue est ajoutée à 100. Le tableau ci-dessous présente 3 exemples de conversion (avec détail de calcul) :


QI Standard (s=15)

QI Cattell (s=24)

QI stanford-Binet (s=16)

130

76

108


Le QIs est une mesure ordinale de l'intelligence. Il renseigne sur la position d'un individu dans un groupe de référence (population sur laquelle on a étalonné le test). Ce n'est pas une échelle de rapport. En effet une personne avec un QIs de 150 n'est pas deux fois plus intelligente qu'une personne avec un QIs de 75. Ce n'est probablement non plus une échelle d'intervalle (même si souvent on la traite ainsi). En effet une différence de 10 points entre un QI de 100 et 110  ou entre 130 et 140 ne correspond probablement pas à une "même différence d'intelligence". Toujours se rappeler que le QIstandard positionne simplement un individu par rapport à un groupe.

Les échelles de Wechsler (WPPSI, WISC et WAIS) sont probablement les échelles les plus utilisées au monde et les plus traduites. Pour ceux qui veulent connaître l'origine des sous-tests constituant ces échelles, on vous recommande l'article de Boake (1982).

Le QI positionnant une personne par rapport à un groupe, il est relatif à ce groupe. Les conditions d'apprentissage et de développement évoluant régulièrement, il faut donc étalonner régulièrement (tous les 10 ans environ) les test de QI. En effet, on a observé pendant longtemps une augmentation des performances sur les épreuves utilisées pour mesurer le QI (les enfants actuels réussissant mieux ces épreuves que les enfants du même age des générations précédentes). Cet effet appelé effet Flynn (du nom de celui qui l'a mis en évidence) est plus marqué sur les épreuves en relation avec le facteur g. Depuis les années 2000, cet effet semble cependant moins important voir pourrait s'inverser (Dutton & Lynn, 2013) dans certains pays. Il existe de multiples interprétations à cet effet (Ryderman, Becker, & Coyle, 2017).